Faire de la Litote sans le Savoir

Mr. Jourdan, dans le Bourgeois Gentilhomme (Molière) faisait de la prose sans le savoir. Faire de la litote sans le savoir s’est encore plus dure. Il faut bien choisir ses mots et en choisir peu.

Un des examples qui m’est resté dans la tête pendant plus de 40 ans c’est le fameux vers du poète Arabe du XIIème siècle le Moutanabbi:
“مكر مفر مقبل مدبر معا كجلمود صخر حطه السيل من علي”
On n’a pas besoin de connaître la langue. on entend le cheval galopper à bride abattue. En 11 mots seulement, le poète décrit tout ce qu’il y a à savoir sur la belle bëte.

Un autre vers plus romantique me vient aussi à l’esprit de Omar Ben Abu Rabiaa:
وقالت الاخرا وقد تيمتها  (et l’autre a dit, que j’avais séduite). Le verbe arabe تيم sonne un peu comme  “Tame”

Ce verbe “to tame” veut dire dompter et non pas séduire, ce qui introduit de façon assez litotique deux concepts intéressants de l’époque: 1) les Arabes de l”Egire adoraient leurs chameaux et les préféraient à leurs femmes. Ils s’en suit peut-être qu’ils domptaient ces dernières et séduisaient les premiers; 2) Omar Ben Abu Rabiaa a peut-être inventé le sado-masochisme sans le savoir, bien avant le Marquis de Sade. Si les chameaux(elles) pouvaient parler!

Bien en avant le Moutanabbi et Abi Rabiaa, mais moins poétique, Pautus le Romain ecrivit une litote très comique, dans sa pièce Menaechmus qui par ailleurs inspira Shakespeare dans la Comedy of Errors: “I’ve wined,I’ve dined, I’ve concubined, and robbed her blind.”

Tout un programme en 3-4 mots = Bravo! Sauf que ces jours-ci les roles seraient renversés et la femme en question Erotium (quel nom!) serait celle qui dirait: “I whined, I pined, I cuckloded him, then robbed HIM blind.” C’est le motto de la Cours de Loi Familiale aux USA.

Enfin, peu après Shakespeare, il y a eu Pierre Corneille et Jean Racine et la litote continua jusqu’à l’avènement des romantiques (Beaudelaire et ses Fleurs du Mal). Voici un vers de Phèdre de Racine, que je trouve très litotique:

“Mon Dieu quelle guerre cruelle, Je trouve deux hommes en moi”.

Pour commencer, Phèdre n’était pas nymphomane. Donc n’allez point dans ce sens luxurieux pour interpréter ce vers très profond. Il s’agit d’une crise aigue de conscience. Carl Jung aurait dit ”je trouve un animus et une anima en moi”. Ce mèlange masculin féminin dans chaque être humain est en fait aussi illustré par la présence dans chacun(e) de testostérone et estrogène à doses différentes.

La litote actuelle est d’un genre tout à fait different. Contrairement à la litote classique décrite ci-haut, qui demande de l’effort et de l’ingénuité, la litote présente s’engorge de paresse et de facilité induite par les gadgets electroniques: LOL (lots of laugh); LMAO (left message to Mao? non en fait beaucoup plus banal: Laughing my ass off!); FYI (for your information), BYOB (bring your own bottle) etc. J’en ai une faite maison. C’est une Q&A (entre deux hommes qui s’engueulent): DYDRYA (does your d…reach your ass?). Si l’autre a le malheur de répondre yes alors je lui tire le coup de grâce GFYS (go f…yourself). Je trouve que quand c’est abbrévié, c’est plus élégant ou du moins moins insultant, vous ne trouvez pas?

What is COMmon to many languages is the COMfortable starting point

Learning a new language often generates anxiety, fear of the unknown. Thus it is essential to instil a considerable degree of comfort into the experience. Since fear of the unknown is the instigator, then alleviate that by drawing on similarities between languages.

My 7 year old  son is learning French in a US private school but shies away anytime I ask him something in French. Recently I have started with asking him to spell English words ending with table, tion, sion then having him pronounce those very same words in French pointing out that both meaning and spelling are the same. Pronunciation v. Meaning and spelling, that is one unknown against two known: le tour est joué, comme on dit en Français!

Comfort also comes in other ways like when the word sounds very much like the act it descrribes. Arabic is replete of such instances and I will demonstrate a few that worked well with my 10 year old Joey.

جوي غطص في المغطص و عطص

(Joey ghatasa fi al maghtas wa зtasa) which means that Joey jumped into the bathtub and sneezed. Compare the Arabic and English sentences and how much more directly descriptive of the action down to the “splash” in the water and the AATCHOUM for зtasa the Arabic sentence is. Also bathtub and the action of jumping into it are practically the same word in Arabic. Another source of comfort: less memorization needed.

Another quick example: the cat attacks and the mouse flees under the bed (in Arabic: Al herr farra wara al fara taht al takht).

فرى الهر وراء الفارا تحت التخت

Clearly the Arabic sentence is much more descriptive and phonetically pleasing with herr/farra/fara and taht/takht. Again easier to memorize because of those characteristics.

Another phonetic Arabic classic اكل الكوسى موسى (Akala Al Koosa Moosa), meaning Moses ate the zucchini, sounds so much musical in arabic.

Russian has the “KH” in common with Arabic and the “J” in common with French.

Yet Russian is notorious for the use of too many letters (36 in their alphabet) especially consonants. A glaring example is the word half: In Arabic it is the shortest ) نصNos); in English (half), longer; in French moitié, even longer; in Russian половина (Polovinia), longest! Logically a word meaning half is expected to be short! No wonder the Arabs invented Algebra.

Cross-language calembours could be really comical. For example ХАРАЧО (Kharashow) could mean hot (chaud in French) shit (Khara in Arabic).